Kendji Girac News

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Kendji : Je suis un chanteur, pas un phénomène ...

Publié par Admin sur 22 Février 2015, 15:03pm

Catégories : #Actualités, #Interview, #La Dépêche

Son histoire ressemble à un conte de fées. En un an, Kendji Girac est passé du stade de curiosité découverte sur Internet à celui de star de la chanson, qui vend des disques en quantité et affiche partout complet. Très entouré par sa famille, le jeune artiste garde les pieds sur terre, simplement heureux de «donner du bonheur aux gens».

 

Evidemment, il y a cette vidéo triomphale sur Internet, durant l'été 2013, où il reprenait «Bella», de Maître Gims. Puis une victoire éclatante à l'issue de la saison 3 de «The Voice». Mais rien ne laissait présager un tel succès pour Kendji Girac, jeune guitariste et chanteur d'origine gitane. Porté par l'énorme tube «Color gitano», son premier album n'a quasiment pas quitté la tête des ventes de disques depuis sa sortie en septembre 2014 et atteint aujourd'hui les 700 000 exemplaires écoulés. Et la tournée qui a suivi, privilégiant les salles moyennes comme le Bikini de Ramonville Saint-Agne, près de Toulouse, affiche complet depuis plusieurs mois.

 

A 18 ans, vous êtes un phénomène, sociologique et commercial. Comment vivez-vous cela ?

Je suis d'abord un chanteur, depuis tout petit. J'ai effectivement vendu beaucoup d'albums en l'espace de peu de temps. Et c'est vrai que je m'intéresse à tous les styles de musique, ce qui me permet de me projeter dans l'univers de plein de gens. Mais phénomène, non, je n'aime pas me nommer comme ça.

 

Un tel succès vous perturbe-t-il ?

Non. Tous ces gens qui viennent me voir, je voulais cela depuis le début. Avoir des fans, c'est génial. Pour autant, je suis resté le même.

 

Votre famille compte-elle beaucoup pour vous éviter la grosse tête ?

Elle est très importante. Si je dois changer un jour, si je me sens plus haut que les autres, ils me recadreront vite fait.

 

Comment vos proches vivent-ils votre triomphe actuel ?

Mes parents sont en région parisienne et on commence à les reconnaître. Mon père est élagueur. Il veut juste continuer de travailler sans se faire remarquer. L'autre jour au Bikini (mardi 3 février, NDLR), j'avais des cousins dans la salle. Dès que j'arrive, je les appelle. J'aime qu'ils soient auprès de moi. Et eux sont ravis de ce qui m'arrive. Ils montrent des photos de moi partout en disant : «C'est mon cousin !». Ils sont très fiers.

 

Pensez-vous contribuer à lutter contre les préjugés sur les gitans ?

Je ne veux pas être un porte-parole, défendre tous les gitans. Mais des jeunes comme moi, style bon gendre, qui ont de la politesse avec tout le monde, il y a en a beaucoup. Et pourtant ils sont mal vus.

 

Avez-vous souffert d'ostracisme dans votre jeunesse ?

Oui, souvent. J'aime faire la fête depuis que je suis très jeune. Quand j'allais dans les bars, quand je sortais dans les boîtes, j'essayais de sourire, d'être sympa. Mais pas mal de gens nous regardaient de travers. Il suffisait qu'on s'installe quelque part pour que les autres consommateurs s'écartent. Difficile de lutter contre ça : les gens ont tellement de clichés dans la tête.

 

Il y a beaucoup d'enfants dans votre public…

Je suis surpris qu'il y en ait tant et c'est une grande source de bonheur. Je les imagine dans les cours de récré chantant mes chansons. Et j'aime tant quand ils me demandent des autographes en me disant : «Fais-moi ton Andalouse».

 

Quels artistes vous ont-ils le plus influencé ?

Luis Mariano m'a beaucoup inspiré. Il est très ténor comme mon père. Et je l'étais aussi quand j'étais plus jeune ; je chantais haut. Charles Aznavour m'a également marqué avec ses chansons incroyables, sa voix, ses textes. C'est un grand monsieur pour tous les gitans. On aime ce qu'il raconte ; ce sont de vraies histoires, très fortes. J'ai aussi adoré Julio Iglesias, sa classe, son côté charmeur.

 

Vous considérez-vous vous aussi comme un séducteur ?

Vers 13 ans, j'ai appris la guitare parce que chez nous c'est naturel. Je voulais épater mon père, qui chantait et jouait aussi de la guitare. Devenir artiste ne me paraissait pas possible. Et si j'ai enregistré la vidéo «Bella» pour Internet, ce n'était pas pour me faire remarquer. Je voulais juste voir combien de «J'aime» les filles m'enverraient sur Facebook. Aujourd'hui, j'ai cette image de séducteur auprès des jeunes filles. J'aime bien l'idée mais en privé c'est désormais compliqué. C'est pour ça que je n'ai pas de copine en ce moment. Je préfère me concentrer sur le travail.

 

Que faites-vous de tout cet argent gagné ? Quel est votre péché mignon ?

J'ai fait pas mal de cadeaux à papa et maman. J'adore régaler ceux qui m'entourent. Moi, je n'ai besoin de rien. Je suis comme tout le monde : j'aime les belles voitures. Mais je ne suis pas footballeur, j'aime bien la discrétion. Je ne veux pas m'exhiber alors que beaucoup de gens travaillent dur pour gagner 1 500 € par mois.

 

Connaissez-vous Toulouse ?

Quand j'étais petit, on a pas mal sillonné les routes de France. J'en connais des villes ! De Toulouse, je me souviens de la place du Capitole, de la Bodega. Et du site d'AZF où nous avions installé nos caravanes avant qu'on nous demande de partir «parce que cela pouvait être dangereux».

 

Faudra-t-il attendre longtemps pour votre deuxième album ?

Entre deux concerts, dès que nous avons du temps, nous sommes en studio d'enregistrement. C'est juste le début mais on veut avancer. Avec cette même équipe qui m'accompagne depuis presque un an.

 

Album de Kendji Girac (Mercury/Universal). En concert mercredi 25 février au Bikini de Ramonville Saint-Agne (complet). Tournée des Zénith probable en 2016.

Propos recueillis par Jean-Marc Le Scouarnec - La Dépêche

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