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Kendji : Le Néo Gipsy King

Publié par Admin sur 11 Mai 2015, 12:41pm

Catégories : #Actualités, #La presse en parle, #Next Liberation

PORTRAIT Vainqueur de «The Voice» en 2014, ce gitan de 18 ans, entraînant et pas compliqué, fait danser une France en manque de fiestas.

 

Il ne craint rien ni personne, sauf peut-être Dieu dont il redoute les foudres s’il doit disparaître un jour. «Je ne suis pas baptisé. Mais, malgré tout l’amour que j’ai pour Dieu, je préfère rester un païen. Chez nous, ceux qui sont baptisés ne vont pas traîner dehors. Mon frère, qui l’est, n’a même pas le droit d’aller au bowling avec ses amis. Moi, je ne peux pas vivre sans faire la fête, sortir et chanter», explique Kendji Girac avec un naturel déconcertant.

 

Rien ne paraît compliqué pour ce jeune homme de 18 ans devenu une star nationale en quelques mois après avoir remporté, l’an dernier, la finale de The Voice, le télé-crochet de TF1 qui a supplanté, dans le cœur des ados, les Star Academy et autres Nouvelle Star. Même son rapport à Dieu, qu’il règle d’une phrase pleine de bon sens : «De toute façon, je considère que c’est entre moi et lui que ça se passe.»

 

Pour comprendre le succès de ce garçon, qui se produit ces jours-ci à l’Olympia, et dont le premier album (baptisé Kendji) s’est vendu à plus de 500 000 exemplaires en trois mois, il faut l’entendre chanter. Les Gipsy Kings version ado. Il est d’ailleurs très fier d’avoir inventé un concept : la gipsy pop. «Quand on répétait, les musiciens disaient tout le temps "pop, pop, pop" et comme j’aime la pop, j’ai mixé gipsy et pop», dit-il, tel un gamin qui aurait réussi à monter un robot livré en pièces détachées.

 

Sa musique, on l’aime ou on ne l’aime pas, mais on ne peut y rester indifférent. Il suffit d’une minute pour avoir envie de grimper sur la table et de danser. Ou pour fredonner la mélodie toute la journée, au grand dam des voisins de bureau. On ne se souvient plus des paroles, mais c’est gai et entraînant, idéal pour les mariages, les fêtes votives et les kermesses. Si l’on ajoute à ça un physique de latin lover, tablettes de chocolat devinées sous la chemise à carreaux, barbe impeccablement taillée, sourire lumineux et yeux malicieux éclairés de cils interminables, on comprend pourquoi les gamines se bousculent à ses concerts. «Pas seulement les gamines ! corrige-t-il, pas peu fier. Les pères aussi, et même les racailles ! Et les mères, et les grands-mères ! J’ai repris des morceaux de rap en flamenco, et je les vois se trémousser là-dessus en chantant, ça me fait rire…»

 

Reconnaissons-le : en ces temps de sinistrose aiguë, entre drames du chômage, crashs d’aéronefs, montée de l’extrême droite et essor du jihadisme, passer un moment avec cette nouvelle star de la variété française a quelque chose de rafraîchissant. Il n’a pas vécu mille vies, ne connaît rien à la politique, n’a guère ouvert de livres à l’exception de la Bible, mais il dégage une sacrée énergie. Et puis, il vient d’un monde qu’au fond on connaît peu, et sur lequel circulent de nombreux clichés : celui des gitans. Le rythme de vie de sa famille et de sa communauté a toujours été réglé comme du papier à musique. Sédentaire l’hiver, sur un terrain en Dordogne. Nomade de mars à octobre, de préférence dans le sud de la France, où le père de Kendji, élagueur, compte de nombreux clients. «Longtemps, je n’ai pas bien su m’exprimer, l’école c’était quand on était là, on arrêtait dès mars», dit-il. Quand la famille se déplace, en comptant tous les cousins, c’est près de 300 caravanes qui s’ébranlent aux premiers jours du printemps. «On est si nombreux que l’on ne voit pas toujours les voyous qui tentent de se mêler à nous. C’est eux qui donnent une mauvaise image des gitans. Nous, on a des valeurs, on ne boit pas, on ne vole pas…» Le but, c’est de bouger mais aussi de partir en mission évangélique. Chaque soir, le pasteur parle, et le dimanche est jour de culte. «Il y a beaucoup de prophéties qui font peur, mais il faut avoir peur de Dieu, dit-il. D’ailleurs, tout ce qu’on voit dans le monde actuel, l’argent, l’orgueil, tes meilleurs amis devenus tes ennemis, tout est écrit dans la Bible. Il se passe quelque chose en ce moment. Des fois, ça me fait peur.»

 

C’est peut-être pour tromper sa peur de Dieu, et de la justice immanente qu’il chante. Il avait 8 ans quand il a commencé. «Mon père adorait la fête. Quand il y avait des gens respectables, qui venaient nous voir, il me prenait sur ses genoux, et me faisait chanter du Luis Mariano et du Julio Iglesias.» L’enfant y prend goût, apprend à capter la lumière, à devenir le centre d’attraction, à faire glousser les filles. La fête devient son univers. «A 13 ans, je chantais dans les cafés, avec des copains de 20 à 25 ans qui en profitaient pour se faire payer des coups à boire et attirer les filles. Je quittais la maison en cachette, à vélo. Mon père ne le sait toujours pas…» Son père est son principal repère. Avec lui, il a tout appris : l’élagage («il a refusé que je monte aux arbres avant l’âge de 16 ans, il avait peur pour moi») et la musique («il a une voix de ténor, l’entendre chanter me faisait frissonner»).

 

Quand ses concerts ne le forcent pas à dormir à l’hôtel, Kendji continue à vivre dans une caravane, c’est là où il se sent le mieux. Il en a planté une, en banlieue parisienne, dans un lieu qu’il ne citera pas afin de rester tranquille. «Maintenant, quand j’arrive quelque part, je suis le roi, dit-il à moitié las. Je ne peux même plus aller aux réunions, tout le monde vient me voir, et le pasteur ne peut plus officier.» Tout a d’ailleurs commencé dans une caravane. «J’étais en train de boire un café. Ma tante, qui faisait la vaisselle, me dit qu’elle aime bien la chanson Bella de Maître Gims. Mon oncle me demande de la chanter sur le mode gipsy et décide de me filmer.» La vidéo est postée sur le Web. Trois jours après, elle a été visionnée par un million de personnes. Deux producteurs appellent. L’un veut envoyer Kendji à Cuba. Son père refuse. L’autre lui propose de participer à la saison 3 de The Voice. «J’ai mis deux jours avant de répondre, mon père était OK, mais ma mère avait peur. "Tu es fou de laisser partir le petit !" elle disait», sourit-il. Le père gagne la partie, et Kendji se retrouve dans le grand bain. «Pour monter sur scène, ce premier soir, il y avait trois marches, j’ai cru que je n’y arriverais jamais tant j’avais la trouille.» Il porte une petite guitare en ivoire autour du cou, offerte par un cousin un mois avant The Voice. Un jour, pendant l’émission, il l’a perdue. Paniqué, il l’a cherchée partout. L’a retrouvée quelques heures avant de gagner. Côté copine, il ne demanderait pas mieux, mais il n’a pas le temps. Quant au reste, «j’aimerais bien voter, mais je n’arrive pas à comprendre. Ce qui est sûr, c’est que j’aime mieux la musique que la politique». Comment il se voit dans vingt ans ? Ses yeux brillent. «J’aurai acheté un grand terrain pour y installer la famille, les cousins… La famille, ça se perd un peu.» Sous ses airs de fêtard, Kendji a une vision très tradi de la vie. «Il y a beaucoup de respect chez nous. Tout ça vient du papa, je le remercierai jusqu’à la fin de ma vie.» Dieu et le père…

 

EN 4 DATES 3 juillet 1996 Naissance à Périgueux (Dordogne). Août 2013 Poste sa première vidéo sur Internet. 12 mai 2014 Signe son premier contrat avec Universal, peu après la finale de The Voice qu’il vient de remporter. En cadeau, il reçoit sa première vraie guitare. 12-14 mai 2015 Concert à l’Olympia (Paris).

 

Alexandra SCHWARTZBROD pour Next.Liberation

Kendji : Le Néo Gipsy King

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girard 12/06/2015 16:52

Il est super j ai mon fils de 23 ans qui chante aussi comme un dieux je l ai inscrit a la prochaine émotion mais il ne veut pas y allez il pence que sa ne sert à rien

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